Le Concept de Solidarité Nationale

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I- Fondements

La Solidarité Nationale, mission assignée au Ministère des Affaires Sociales apparaît comme un concept nouveau au niveau institutionnel mais paradoxalement ancien parce que ancré dans nos valeurs traditionnelles, son objectif est de contribuer à l’épanouissement de tous sans exclusive au sein de la communauté.
En 1987, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, faisait de la solidarité un devoir devant sous-tendre la stratégie de développement social puisque indispensable à l’éclosion et à l’épanouissement d’une société camerounaise moderne et inclusive.
Dans son œuvre Pour le Libéralisme Communautaire, le Chef de l’Etat le soulignait fort opportunément en ces termes : « La société camerounaise moderne, dont nous appelons l’éclosion et l’épanouissement serait un géant aux pieds d’argile si elle ne se nourrissait pas de ses valeurs traditionnelles aussi nombreuses qu’enrichissantes. L’une de ces valeurs fondamentales est le sens de la collectivité  ici présentée comme devoir de solidarité ».
Cette perception de la solidarité comme  déterminant du développement sera confortée  par le Sommet Mondial sur le Développement Social de Copenhague de 1995, organisé sous les auspices des Nations Unies. Le Sommet de Copenhague a ainsi consacré la place centrale de l’Homme dans tout  programme de développement qui se veut durable.
De même, le 8ème Objectif de Développement pour le Millénaire (OMD) a présenté la solidarité internationale comme une des stratégies d’atteinte efficiente des OMD d’ici à 2015. C’est dire si la solidarité est une matrice du développement au niveau national et international.
Revenant à la charge, dans sa Profession de foi à l’occasion de sa candidature à l’élection présidentielle du 11 octobre 2004, le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur  Paul BIYA, affirmait : « Le progrès social reste et demeure notre priorité ».
En posant le Progrès Social comme le moteur de toute l’action du Gouvernement, le Chef de l’Etat, responsable de par la Constitution de la définition de la Politique de la Nation, fait de la dimension sociale, la substance même de sa politique.
Le Premier Forum sur la Solidarité Nationale au Cameroun, tenu du 21 au 24 juin 2005, peut être considéré dès lors comme la traduction concrète d’une volonté de fédérer l’énorme trésor de valeurs traditionnelles, avec les réponses nationale et internationale en rapport avec les exigences du bien être de tous.
Cette vision du Chef du l’Etat reste et demeure une priorité. C’est ainsi que dans son message à la nation à l’occasion de la fin de l’année 2012 et de nouvel an 2013, le 31 décembre 2012, Il déclare : « je n’oublie pas que les progrès dont notre pays peut se prévaloir ont pour finalité essentiel d’améliorer les conditions de vie de nos citoyens, or, à cet égard, on doit reconnaitre qu’il reste beaucoup à faire ».

II- Définition et contenu

La Solidarité Nationale participe globalement de l’aboutissement d’une approche axée sur les mécanismes de sécurisation, de compensation, de promotion ou de valorisation des populations socialement vulnérables en vue de leur autonomisation et la restauration de leur dignité humaine. Sa vocation est d’évoluer vers une plate forme où les administrations publiques, para publiques, la coopération bilatérale et multilatérale, la société civile, le secteur privé et les populations cibles conjuguent les moyens juridique, institutionnel, technique, financier, social, culturel et économique pour éradiquer l’exclusion sociale, la pauvreté, et la précarité, en un mot, la vulnérabilité.
La Solidarité Nationale se présente ainsi comme l’ensemble des initiatives, des attitudes et des actions organisées et rationalisées prises tant au niveau de l’Etat que de chaque individu en vue de venir en aide aux couches sociales en grande difficulté et incapable de résoudre sans assistance les situations non anticipées qui les accablent.
Toutefois, la solidarité dont il est question doit se démarquer du parasitisme car comme le relève le Chef de l’Etat dans son ouvrage déjà évoqué, il s’agit d’une solidarité double, aussi bien dans l’effort que dans le partage des fruits de  cet effort. Ainsi, la finalité recherchée est l’autonomisation des couches vulnérables en vue de leur participation effective au développement de notre pays.
La Solidarité Nationale,  va ainsi  se définir  comme la généralisation de la protection des groupes sociaux   vulnérables à toutes les organisations sociales. Elle s’articule autour de deux principes : le parti pris en faveur des groupes sociaux vulnérables, d’une part, et les pratiques d’intervention favorables à la cohésion sociale et à l’action collective et participative, d’autre part.
-  Le parti pris en faveur des groupes sociaux vulnérables s’appuie sur la reconnaissance par la société de la vulnérabilité de certains groupes sociaux face aux risques et aux problèmes sociaux fondamentaux, et leur incapacité à faire face de manière individuelle à ces conditions défavorables. D’où la nécessité de mobiliser toutes les organisations de la société pour infléchir la vulnérabilité et favoriser leur intégration sociale ;
-  Dans le cadre des pratiques d’intervention favorables  à la cohésion sociale et à l’action collective et participative, l’accent est mis sur les actions  communes conduites par des organisations collectives de défense des droits sociaux des personnes vulnérables, issus des initiatives communautaires privilégiant la participation active des intéressés et des membres de leur milieu de vie, avec le soutien institutionnel des forces publiques.
Tout en  centrant les actions sur la réponse aux problèmes posés par la vulnérabilité, ces initiatives communes que suscite la solidarité nationale, valorisent la relation interpersonnelle. Leurs interventions comprennent des services d’entraide, l’assistance communautaire, les actions publiques de levée de fonds, les ressources alternatives aux services publics classiques et la défense des droits et intérêts des populations-cibles.
Deux grands axes sont privilégiés : le développement des initiatives locales de solidarité en faveur des groupes vulnérables et le soutien public aux réseaux d’entraide et d’intégration des populations vulnérables.

III- Cibles

La vulnérabilité est l’état précaire dans lequel un individu ou un groupe est le premier exposé aux risques nés des effets néfastes générés par des situations défavorables. Ces situations peuvent être naturelles, causées par l’homme ou par son  environnement.
Les individus ou groupes exposés peuvent être les enfants, les femmes, les handicapés, les personnes âgées, les populations autochtones vulnérables, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, les populations frontalières, les détenus, les réfugiés, les sinistrés, les populations des zones enclavées, les populations des zones à risques, les populations déplacées, les prostitué(e)s, les personnes diminuées, etc.
Les circonstances particulières qui exposent ces populations appellent à un renforcement d’un système de solidarité, gage de sécurité et de bien être.

IV- Activités

La solidarité nationale se matérialise à l’égard de ses cibles par des actions directes ou indirectes,  permanentes ou ponctuelles d’assistance et d’accompagnement multiformes en vue de leur plein épanouissement et de leur participation  au développement.
Ces actions se déclinent ainsi en assistance médicale, matérielle ou financière.
Elles peuvent aussi prendre la forme de renforcement des capacités des concernés ou de financement de leurs activités génératrices de revenus. De manière indirecte, elles atteignent les cibles à travers des subventions aux structures privées chargées de leur encadrement.
Il s’agit, pour reprendre une pensée chère à Madame le Ministre des Affaires Sociales, pour l’ensemble des intervenants sociaux, d’aller au-delà de la traditionnelle assistance palliative aux personnes et groupes vulnérables, pour davantage privilégier l’accompagnement ciblé et multisectoriel en vue de l’autonomisation de celles-ci. Ainsi le triptyque « Assistance – Accompagnement – Autonomisation », doit conduire à terme à un épanouissement total de toutes les populations-cibles de la solidarité nationale en tant que êtres humains et citoyens du monde.
Dans le cadre de la décentralisation en cours au Cameroun avec comme corollaire le transfert de certaines responsabilités de l’Etat aux Collectivités Territoriales Décentralisées, en l’occurrence les Communes, c’est désormais autour de ces dernières que s’organise la satisfaction des besoins des cibles de la solidarité nationale (cf Décret n°2010/0243/PM du 26 février 2010 fixant les modalités d’exercice des compétences transférées par l’Etat aux Communes en matière d’attribution des aides et secours aux indigents et aux nécessiteux et l’Arrêté n°2010/  /A/MINAS du 27 Août 2010 portant cahier des charges précisant les conditions et les modalités techniques d’exercice des compétences transférées par l’Etat aux Communes en matière d’attribution des aides et secours aux indigents et aux nécessiteux).

V- Perspectives

La mise en place d’un Fonds de Solidarité Nationale au Cameroun participe de l’une des recommandations fortes issues du premier Forum sur la Solidarité Nationale tenu du 21 au 24 juin 2005 à Yaoundé.
Le Fonds de Solidarité Nationale représente un outil de mise en œuvre de la politique gouvernementale dans la recherche d’une adéquation entre la croissance démographique et la valorisation progressive des ressources humaines. Dans ce cas, l’Etat Camerounais se préoccupe de l’amélioration de la santé des populations en général, de la promotion de l’éducation de base pour tous, du renforcement de la lutte contre le chômage et de l’amélioration des conditions nécessaires à l’épanouissement et à la sauvegarde des populations nécessiteuses et des individus vulnérables.
Le Fonds servirait  ainsi de cadre de référence chargé d’initier des mesures spécifiques et correctives pour mieux intégrer les individus et groupes démunis et réduire les disparités et  écarts socio économiques ;
L’organisation d’une semaine de solidarité qui aura pour objectif la sensibilisation de la communauté nationale et internationale à la nécessité de la mutualisation des moyens financiers, humains et matériels.

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